Reinaldo ARENAS (Cuba)

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Message  Mousseline le Dim 26 Oct 2008 - 5:14

Reinaldo Arenas

Né à Holguîn (Cuba) en 1943 dans une famille de paysans pauvres, Reinaldo Arenas, romancier, nouvelliste, poète, s'est suicidé en décembre 1990 à New York alors qu'il était atteint du sida.

Son oeuvre littéraire hors normes, sa vie d'homosexuel déclaré, avaient valu à ce dangereux "contre-révolutionnaire" d'être traqué, emprisonné, interdit de publication dans son pays d'où il avait réussi à s'enfuir en 1980.
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Bibliographie

Le Monde hallucinant, Seuil, 1969, Mille et Une Nuits, 2002
Le Puits , Seuil, 1973
Celestino avant l'aube , Fayard, 2003
Le Palais des très blanches mouettes, Seuil, 1975
La Plantation, Seuil, 1983
Arturo, l'étoile la plus brillante, Seuil, 1985, Mille et une nuits/poche, 2004
Encore une fois la mer, Seuil, 1987
Fin de défilé, Presses de la Renaissance, 1988
Le Portier, Presses de la Renaissance, 1988, Rivages/poche, 1990
La colline de l'ange, Presses de la Renaissance, 1989, Actes Sud/Babel, 2002
Méditations de Saint-Nazaire, Meet, 1990
Voyage à la Havane, Presses de la Renaissance, 1990, Actes Sud/Babel, 2002
Adiòs à Mamà, Le Serpent à plumes, 2000
La Couleur de l'été, Stock, 1996
Avant la nuit, Julliard, 1998, Actes Sud/Babel, 2000
L'Assaut, Stock, 2000


De : melodie74 (Message d'origine) Envoyé : 28/08/2003 22:30

Reinaldo ARENAS. Fin de défilé.
1988. Presses de la Renaissance. 155 pages.
(original : Termina el desfile. 1981)

(Tiré d'un message de Izo)
Reinaldo Arenas (1943-1990) est l’un des auteurs cubains les plus connus. Son parcours de dissident ; de par son anticommunisme, son activisme intellectuel contre le régime castriste et son homosexualité débridée ; et sa vie l’ont rendu célèbre. Il est surtout très ancré dans la culture littéraire américaine (arrive à Miami en 1980), là où il a mis fin à ses jours, victime du Sida, et française, là où il a eu les plus importants soutiens intellectuels de la part d’éditeurs et de journaux (La lettre diffusée dans le Figaro).
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En attendant impatiemment de lire Avant la nuit, je me suis rabattue sur des oeuvres un peu moins connues de Reinaldo Arenas. J'ai terminé la première, Fin de défilé, qui est un petit recueil de nouvelles. Il y en a 9 en tout et ça se lit super bien, comme si on regardait un film ou comme si on voguait un peu.

Les nouvelles, écrites à la première personne et prenant toutes place à Cuba, ne sont pas nécessairement extrêmement palpitantes, mais elles nous informent un peu plus sur Reinaldo Arenas. Jusqu'à quel point elles sont véridiques, je ne le sais pas, mais quand il raconte, on y croit. Il ne tombe pas dans de grandes descriptions ésotériques, mais il a le mot juste, et on embarque. Je pense qu'il est important de noter aussi que c'est le premier livre de Arenas depuis qu'il est exilé aux États-Unis. Il devient alors intéressant de voir quels sont les premiers sujets qu'aborde ce jeune auteur nouvellement dépaysé (Révolution, famille, une touche d'homosexualité, etc.).

Ma note : un 4/5 parce que même si j'ai bien aimé, je suis certaine que ce n'est pas sa meilleure oeuvre et j'attends de lire les autres pour pouvoir comparer...

Mélodie


De : Izo Envoyé : 01/09/2003 04:34

Reinaldo ARENAS : Avant la nuit

Voilà le roman autobiographique de Reinaldo Arenas qui a fait beaucoup de bruit suite à l'adaptation cinématographique de Julian Schnabel avec avier Bardem.

J'ai beaucoup aimé ce roman. Je lui donne une note honorable : 4/5

Reinaldo Arenas est l’un des auteurs cubains les plus connus. Son parcours de dissident ; de par son anticommunisme, son activisme intellectuel contre le régime castriste et son homosexualité débridée ; et sa vie l’ont rendu célèbre. Il est surtout très ancré dans la culture littéraire américaine, là où il a mis fin à ses jours, victime du Sida, et française, là où il a eu les plus importants soutiens intellectuels de la part d’éditeurs et de journaux (La lettre diffusée dans le Figaro). « Avant la nuit » est son autobiographie. On pourrait dire qu’il raconte sa vie en suivant le précepte de Rainer Maria Rilke dans « Lettres à un jeune poète » : la poésie doit naître des détails du quotidien et non des topos et des grandes conceptions universelles. Bien sûr ces notions ne peuvent vraisemblablement être absentes mais elles sont chantées d’une façon rare et délicate, parfois scabreuses, parfois naïves, parfois désespérées. Tout dans le roman de Arenas est orienté vers le minuscule, vers des événements tellement dérisoires qu’ils en deviennent passionnants. Il écrit ce que les hommes n’osent pas écrire de peur d’ennuyer. Les faits d’arme d’un gamin de quinze ans qui quitte la ferme pour rejoindre la guérilla castriste alors que Batista est encore au pouvoir, la relation privilégiée à la terre cruelle et dévastatrice mais aussi nourricière, la découverte de son homosexualité d’abord refoulée et puis ce détail qui finit par investir le roman, un ensemble de vrombissements, de flots envahissants, une rivière effrayante, qui l’invite avec cynisme et qui réapparaît sans cesse, qui se montre quand Arenas vient de l’oublier. Comme un leitmotiv en rapport direct avec son existence, comme la preuve du doute qui le poursuit. « Fallait-il accepter l’invitation ? » Les chapitres se succèdent selon une organisation plutôt échevelée. Parfois liens chronologiques, puis thématiques, galeries de personnages, bref, rien de très précis. Cependant les chapitres liées à la sexualité, l’érotisme et l’art de vivre homosexuel sont clairsemés pour ne pas distordre le sens de son existence. Il dit avec une grande lucidité que sa sexualité débridée a été en partie une des conséquences de toute dictature qui réprime : l’envie de braver l’interdit décuple le plaisir et l’interdit devient le meilleur moyen de protestation, de lutte contre le pouvoir en place.
La galerie de portraits est aussi très belle. Arenas parle de ces écrivains au destin avorté : Lezama et Viñera qu’il admirait et qui sont morts dans l’oubli intégral. Guillèn et Fuentes qui succomberont à la main tendue par le pouvoir. Ils ont accepté un billet vers la mort déréalisée. Et surtout Padilla, dont le procès est retranscrit. Un procès d’une horreur insupportable, qui n’est pas sans évoquer les tribunaux arbitraires post-Révolution Française et la tendance à l’Autodafé d’un régime nazi. La destruction de l’intellectuel passe par l’humiliation et la trahison de sa propre âme, irrévocable et inévitable. Une décapitation symbolique…
Tout l’épisode sur le passage en prison est magnifique. On sourit, avec quand même une certaine âpreté sur les lèvres, lorsque Arenas nous parle des lettres d’amour qu’il écrit pour les autres détenus, analphabètes pour la plupart, qui veulent renouer avec leur femme, on est sur le point de pleurer lorsqu’il nous parle du mitard, cet endroit infecte où pullulent les cafards et où Arenas ne peut que se prendre à devenir fou, le seul endroit semble-t-il où même l’imagination ne sert plus à rien, on devient complice quand il fait mine de vouloir chanter le pouvoir et lutter contre les contre-révolutionnaires et les homosexuels. Arenas devient alors un sorcier. Il parvient à nous mettre en prison. Il nous donne toutes les clés et semble parfois nous dire : « Qu’auriez-vous fait à ma place » ? Et là, le lecteur ne peut qu’être interloqué. Ses jambes deviennent cotonneuses, la peur le prend au ventre, lui qui vit dans une sphère hautement démocratique…
« Notre amitié fut platonique, ce fut une fraternité tacite ; tous les prisonniers l’appelaient avec mépris Rata, je lui donnais son vrai nom, Gustavo. C’est peut-être la personne la plus digne que j’aie rencontrée dans cette prison ; il avait cette curieuse forme d’intelligence qui lui permettait de survivre en toutes circonstances, et cette sagesse propre au prisonnier, capable de lui faire oublier qu’il existe quelque chose au-delà des murs de sa prison et qu’il peut survivre avec les petites tâches quotidiennes, les petites querelles, les petits ragots alentour. »
La mort est partout présente dans l’œuvre. Elle se colle aux décors, comme la sexualité d’ailleurs. Mais souvent les deux se mêlent. Mort et sexualité ne tombent jamais en disgrâce. Elles subsistent avec violence, ou avec poésie, avec crudité ou avec lucidité. Une barre de fer qui traverse un corps, un jeune homme pendu, un mulâtre poignardé alors qu’il dort, « beau comme un ange », des amis emprisonnés qui disparaissent, des écrivains qui sont ignorés, poursuivis, exterminés comme une lèpre, tous des amants platoniques, ou actifs, tous des sources de fantasmes en tous cas, la source de jalousie, de désir, de connaissances. La mort s’en mêle dès que la sexualité apparaît. Mais Arenas est assez talentueux pour traiter cette relation immuable sans tomber dans un pathos omniprésent qui deviendrait dérangeant et ennuyeux.
Arenas parle de l’Histoire dans l’histoire en évoquant Mariel, en fustigeant certains retranchés de la Révolution castriste comme Gabriel Garcia Marquez dont on apprend beaucoup : « l’un des cas d’injustice intellectuelle les plus flagrants de notre époque fut celui de Jorge Luis Borges, auquel on a refusé le Prix Nobel, simplement en raison de son attitude politique. Borges est l’un des écrivains latino-américains les plus importants du siècle ; le plus important peut-être ; néanmoins le Prix Nobel fut attribué à Garcia Marquez, pasticheur de Faulkner, ami personnel de Castro et opportuniste-né. Son œuvre, en dépit de certains mérites, est imprégnée d’un populisme de pacotille qui n’est pas à la hauteur des grands écrivains qui sont morts dans l’oubli et qui ont été mis à l’écart. » ; en critiquant certaines institutions censées être impartiales, censées ne pas avoir peur du scandale, comme le Prix Nobel, en donnant son point de vue sur le Capitalisme, New York, Miami ; « moi, j’étais habitué à une ville avec des rues et des trottoirs, une ville délabrée mais où l’on pouvait marcher et interroger son mystère, y prendre plaisir parfois. Ici, j’étais dans un univers frelaté, dénué de mystère et dont la solitude prenait une tournure souvent plus agressive. »
Arenas a lutté toute sa vie pour pouvoir être, pour pouvoir écrire librement et sans censure ni étranglement, pour avoir le droit de dire ce qu’il en était réellement du régime castriste.
Son île lui manquera dès son arrivée aux Etats-Unis. Il sait pertinemment qu’il ne pourra jamais y remettre les pieds, qu’il n’aura plus la possibilité de se baigner sur ses plages d’un érotisme troublant et d’une beauté unique. La recherche de la beauté a été son projet le plus important, presque sa raison de vivre mais il n’est jamais vraiment parvenu à l’atteindre. Il parle encore de Jorge et Margarita Camacho, de Lazaro qui sera son frère, son meilleur ami, son double pris de crises de folie qu’il n’arrive pas à canaliser, de Victor, ce lieutenant vicieux fascinant d’une beauté cinglante, des sorcières qui ont traversé sa vie, sous des atours différents, parfois merveilleux, d’autres fois terribles, et il parle encore de ses rêves qui l’ont poursuivis toute sa vie : "Les rêves, et aussi les cauchemars, ont occupé une grande partie de ma vie. Je suis toujours allé au lit comme quelqu’un qui se prépare pour un long voyage : des livres, des comprimés, des verres d’eau, des montres, une lampe, des crayons et des cahiers. Me mettre au lit et éteindre la lumière a signifié pour moi me livrer à un monde absolument inexploré et rempli de promesses, tantôt délectables, tantôt sinistres."
Et le livre s’achève sur l’ultime lettre laissée par Arenas, ses derniers mots d’espoir et de soutien aux siens.

Izo


De : Mousseliine Envoyé : 09/01/2005 06:25

Reinaldo ARENAS: Avant la nuit
Actes Sud, Babel (1 novembre 2000) 448 pages

Avant la nuit c'est l'histoire d'un homme qui est né, a grandi, a vécu dans un pays soumis à la dictature, soit Cuba. C'est un récit autobiographique, celui d'un écrivain qui a été persécuté parce que les dictateurs n'aiment pas les écrivains, celui aussi d'un homme dont l'orientation sexuelle n'était pas tolérée.

Reinaldo Arenas raconte tout, sans se gêner. Il raconte très bien, avec beaucoup d'émotions et de sensibilité, et son histoire est très très prenante. Ayez un crayon à la portée de la main car il y a plein d'extraits à souligner.

Il n'est certes pas le premier à avoir raconté sa vie mais ici c'est Cuba et Fidel Castro, c'est centré sur les persécutions que subissent les artistes mais surtout les écrivains. Et ça, ça ne peut que touché très profondément les lecteurs que nous sommes. En tout cas, moi c'est venu me chercher jusqu'au fond du coeur. Il a dit quelque chose qui a retenu mon attention, je ne retrouve plus l'extrait mais ça dit à peu près ceci: La dictature détruit à coup sûr la littérature d'un pays, il y a les auteurs qui verront leurs oeuvres éliminées et les autres qui adhéreront à l'idéologie du pouvoir pour sauver leur peau.

Je suis encore très bouleversée par la lecture de ce livre et je ne sais pas trop quoi dire de plus sinon que: lisez-le! En voici un court extrait:

"J'ai toujours pensé que les écrivains, il vaut mieux les lire et les connaître de loin, surtout pas personnellement, car on va au-devant de terribles désillusions."

Note : 5/5
(Mousseline)

p.s. L'histoire de Reinaldo Arenas est l'histoire encore aujourd'hui de bien des auteurs. Plus de 35 pays détiennent des prisonniers d'opinion, la liberté d'expression est inexistante dans 20 nations à travers le monde. Cuba arrive en tête de liste parmi ces pays.
Voir ce site: http://www.amnistie.qc.ca/index.htm
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Message  Mousseline le Dim 26 Oct 2008 - 5:14



De : Cocotte8017 Envoyé : 31/01/2005 03:32

Avant la nuit - Reinaldo ARENAS
(Actes Sud, 2000, 439 pages)

Avant la nuit, c'est le témoignage vibrant de Reinaldo Arenas, écrivain qui a vécu à Cuba dans ce pays où règne la dictature, l'intolérance et la discrimination. Après avoir été condamné par le régime castriste, il réussit à s'exiler de ce pays qui, ironiquement, lui manquera toujours...
Dès les premières pages, j'ai été captivée par ce récit troublant. Reinaldo Arenas nous livre sa vie avec passion et sans pudeur. Il dénonce ouvertement les persécutions infligées aux écrivains, aux homosexuels. Cette dure réalité m'a touchée énormément. Même exilé et libre, Reinaldo Arenas a continué à souffrir et n'a jamais pu trouver la paix, c'est désolant! Sa lettre d'adieu m'a attristée profondément bien qu'elle laisse une note d'espoir.

Reinaldo Arenas a une plume superbe, puissante et dotée d'une telle sensibilité! Je me suis surprise à relire certains passages tellement ils étaient beaux. En voici un court extrait :

"Maintenant, je vois l'histoire politique de mon pays comme le fleuve de mon enfance qui charriait tout sur son passage dans un fracas assourdissant ; ce fleuve aux eaux troubles nous a tous anéantis lentement, les uns après les autres."

Un livre dur, bouleversant que je ne suis pas prête d'oublier!

Ma note : 5/5


De : lalyre7032 Envoyé : 08/02/2005 19:14

Reinaldo ARENAS: Avant la nuit

Ha!!!! Mes ami(es) qu'est ce que j'ai aimé ce livre. Même pas choquée par les débordements de l'auteur car je me suis très vite rendue compte que c'était pour lui une sorte de révolte.Je me suis trouvée avec lui en prison,j'ai tremblé avec lui et me suis révoltée aussi,mais pas de la même façon.Et quand il parle de sa grand-mère j'en ai eu les larmes aux yeux.Une pauvre vie que cet homme a eue,ce qui m'a incitée à rechercher de la documentation sur certains
personnages du livre et franchement cela m'a impressionnée,ben oui!!!que voulez-vous je suis très émotive.Bref ce livre est rempli de souffrances,de tendresse,d'amitié,d'amour et de beaucoup de violence.Mais malgré tout ce que qu'il a subi,Reinaldo garde l'espoir qu'un jour son peuple deviendra libre et heureux
Lalyre


De : Flo7717 Envoyé : 12/02/2005 21:11

Reinaldo ARENAS: Avant la nuit

J’ai un peu de mal à parler de ce livre. Globalement je l’ai beaucoup aimé mais essentiellement pour l’aspect qui m’intéressait initialement, à savoir le témoignage d’un cubain sur la dictature castriste. Les (longs) passages sur l’homosexualité m’ont barbé au delà de tout (je ne parle même pas de ses expériences de jeunesse avec les animaux …). De même, j’ai trouvé l’écriture très inégale : par moment, on y trouve de très belles tournures mais la plupart du temps c’est un peu le service minimum. Enfin, pour moi, ce n’est pas un livre que l’on lit pour la beauté du style (ce n’était peut-être pas l’objectif d’Arenas d’ailleurs …).
Pour en revenir à la vie sous Castro, je n’ai pas appris grand chose car j’en savais déjà pas mal sur la question mais ce témoignage me semble être un must pour tous ceux qui n’ont pas une idée claire des choses et s’imagine que la vie est difficile, alors qu’elle est un enfer, en particulier en termes de liberté d’expression. La sincérité désarmante de l’auteur donne beaucoup de puissance à ses propos ; il ne se censure pas du tout et enfonce le clou à la moindre occasion. Son refus des concessions m’a bluffé. Sa présentation du milieu littéraire est très intéressante, tout comme la perversion qu’engendre un régime totalitaire dans les rapports humains. Pour tous ceux qui s’intéressent à Cuba, il me semble que c’est un témoignage à lire et l’on doit garder en tête qu’Arenas ne parle pas, hélas, d’une époque révolue …

Et comme Izo, j'ai noté la remarque sur Garcia Marquez, auteur totalement discrédité à mes yeux désormais ...

Babel / 448 pages

4/5

A consulter aussi : http://www.bibliocuba.org/english/index.php


De : Venusia Envoyé : 23/02/2005 22:22

Before Night Falls (titre original: Antes que anochezca), autobiographie de Reinaldo Arenas.

J'ai été attirée par ce livre suivant la petite polémique qu'il a suscité chez les rats. Eh bien! Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, c'est une bonne lecture, assez divertissante, et probablement enrichissante. Reinaldo raconte son enfance, son éveil à la sexualité, sa persécution sous le régime de Castro, et finalement son exil. J'ai trouvé sa description de son enfance pastorale hi-la-ran-te. Ses descriptions de ses escapades sexuelles avec tous les animaux de la ferme et même avec les arbres, sa propensité à manger de la terre, tout ça est raconté avec un oeil tellement nostalgique, c'est très drôle, vous verrez. Une parenthèse, il affirme que son enfance pauvre, c'était le paradis sur terre, je ne crois pas que les autres paysans qui crevaient de faim sous Battista et qui ont donné de l'ampleur au mouvement castriste partageaient son avis.

Reinaldo Arenas est un personnage très flamboyant; son obsession avec la sexualité est omniprésente dans ses pages, et en fait, ajoute une note de légèreté à son récit. Cependant, il fait montre d'une telle extravagance que j'ai trouvé que sa crédibilité en était atteinte. Donc, j'ai passé un bon moment avec ce livre, mais je prends certains de ses propos avec un gros grain de sel.

Notez que je ne remet nullement en question l'idée que Fidel Castro soit un dictateur; mais Reinaldo se donne un rôle de martyre qui m'a laissé sceptique. Il avait prévu sa mort et laisse ce document comme un ultime testament démonciateur et vengeur; ça m'a laissé indifférente. J'ai trouvé sur le web un document qui répond à certaines de ses allégations - je n'ai pas été capable de trouver des informations sur le groupe qui tient le site - il semble assez pro-Castro; la vérité se situe probablement entre le récit d'Arenas et la réplique du site. À noter que le site allègue que Reinaldo a fait preuve de révisionisme historique envers lui même, et que ce n'est que vers la fin de sa vie, lorsqu'il rédigeait son autobiographie, qu'il s'est proclamé anti-Castro.

Quelques haussements de sourcils:

1. La sexualité: À lire ce récit, il n'y a pas un homme à Cuba qui n'est pas homosexuel. Tous les policiers, les étrangers, les gardes de prison qu'il rencontre sont attirés par lui, quand il fait un trajet en autobus, l'ambience est érotique, tout le monde se touche, s'accouple, etc.etc. Mais le comble c'est quand il parle d'un collège athlétique près de chez lui qui a une population étudiante de 1000 garçons: il affirme qu'ils sont tous passé par sa chambre, TOUS! Même les profs! Délusions ou fantasmes? Ailleurs, il affirme qu'à l'âge de 25 ans, il a déjà couché avec 5000 personnes. Ça en dit long sur sa personne. Il se retrouve atteint du SIDA, est-ce une surprise? Pourtant, il affirme qu'il est convaincu que si Fidel Castro n'avait pas existé, il n'aurait pas attrapé le SIDA. Moi, je crois que les problèmes d'une personne qui se vante de coucher avec plus de 5000 personnes ne sont pas tous attribuables à Fidel Castro.

2. Sa personnalité: Je l'ai trouvé antipathique, et je crois qu'il a bien raison de dire qu'il ne faudrait pas fréquenter les écrivains. Surement que beaucoup d'auteurs que j'aime beaucoup ne me plairaient pas, j'aime mieux ne pas le savoir. Je n'ai jamais rien lu de Reinaldo Arenas, mais je sais déjà que je ne l'aurais jamais voulu à ma table. Mis à part son mépris des femmes (les seules femmes qu'il admire sont des prostituées ou des femmes qui ne peuvent faire l'amour qu'avec des homosexuels) qui le fait se féliciter du fait que son amant prend une épouse afin qu'elle puisse "préparer ses repas et prendre soin de lui", il est très narcissique et hédoniste. On a l'impression que ce qui l'aigrit le plus à la fin de sa vie, c'est le fait de vieillir, d'être malade et de ne plus être attirant pour les étrangers (qui voulaient tous sauter sur lui dans sa jeunesse).

3. Sa critique des auteurs latins: Il démolit allègrement d'autres auteurs latins, qui sont quasiment tous minables, à part lui, bien sur, et Jose Luis Borges (s'il était encore vivant, il l'aurait sans doute critiqué aussi. Il ne semble pas tolérer la compétition). Ne les connaissant pas tous, je ne peux porter de jugement, mais je sais que les écrivains sont en général très compétitifs et jaloux. Son commentaire sur Carlos Fuentes (il ressemble à un ordinateur) est très mesquin. Au sujet de Garcia Marquez, je sais que même ses amis ont de la difficulté à excuser son amitié avec Castro; il reste que c'est un homme influent, qui est très respecté en Amérique latine, et est un des seuls à être capable de s'entremettre entre les guerillas et les gouvernements, par exemple. Il a aussi influencé Castro à laisser quitter des millier de Cubains. Il a des idées politiques radicales, oui; mais est-ce juste d'utiliser ce fait pour dénigrer son oeuvre et la qualifier de populisme de pacotille?

Ma note: Que c'est difficile! D'une part, c'est un témoignage de la vie sur l'ile sous Castro, et c'est quand même important, malgré les petites attaques mesquines et les doutes qui planent sur certaines parties du récit. Mais mon dieu! Il y a surement d'autres témoignages cubains plus crédibles, plus honnêtes! Je lui donne 3.5 sur 5. À lire, mais.


Reponse
De : Cryssilda_ Envoyé : 24/02/2005 09:41
Venusia, il a écrit ce livre à la fin de sa vie, et certainement, cette vision paradisiaque de son enfance vient de ce qu'il a vécu ensuite, enfin je pense...

"quand il fait un trajet en autobus, l'ambience est érotique, tout le monde se touche, s'accouple" j'ai eu l'occasion de rencontrer Zoé Valdés l'année dernière, et elle disait la même chose, qu'il se passait vraiment des choses dans les bus... donc sur ce point là, je ne crois pas qu'il fabule...

"Sa personnalité: Je l'ai trouvé antipathique, et je crois qu'il a bien raison de dire qu'il ne faudrait pas fréquenter les écrivains. Surement que beaucoup d'auteurs que j'aime beaucoup ne me plairaient pas, j'aime mieux ne pas le savoir. Je n'ai jamais rien lu de Reinaldo Arenas, mais je sais déjà que je ne l'aurais jamais voulu à ma table. "
Moi au contraire je le trouve très sympathique ce Reinaldo, et je suis désespérée de ne jamais pouvoir le rencontrer. Et je ne me souviens pas de ce côté mysogine... j'y ai plutôt vu de la dérision.

"Sa critique des auteurs latins: Il démolit allègrement d'autres auteurs latins, qui sont quasiment tous minables, à part lui, bien sur, et Jose Luis Borges (s'il était encore vivant, il l'aurait sans doute critiqué aussi. Il ne semble pas tolérer la compétition). " encore une fois , Reinaldo, d'après ce dont je me souviens du livre, s'en prend aux auteurs qui s'écrasent et qui du coup n'écrivent plus ce qu'ils auraient écrit sans cette dictature, il s'en prend à ceux qui se plient aux règles, qui se censurent, juste pour pouvoir être publiés, et qui du coup, ne font plus vraiment de la littérature.

Quant à Marquez... lui certainement que je ne le veux pas à ma table. J'avais adoré 100 ans de solitude, mais si je le relisai maintenant, il est sûr que je n'y trouverais plus les mêmes messages... je n'en lirai certainement plus d'autres de lui...

Moi ça me dérange que l'on mette sa crédibilité en doute.... ce livre je ne le vois pas comme une vengeance, mais comme un témoignage qu'il voulait absolument donner avant de mourir... Sa sexualité, peu m'importe qu'elle soit vraie ou pas, mais il est vrai qu'il a été enfermé et torturé (et celà arrive encore de nos jours). Je suis tombée sur un site de littérature Cubain, de Cuba, il n'y avait aucune allusion au fait qu'il était homosexuel, et je ne sais plus quelle raison farfelue il donnait pour son séjour passé en prison... et moi en Castro et Arenas, je crois plus volontié Arenas...

Pour ma part, pour avoir lu beaucoup de Cubains l'année dernière et avoir papoté avec beaucoup également, ce récit reste pour moi le plus fort... pour ceux que ça intéresse, vous pouvez aller voir, ou louer le dvd, ce qui semble être plus simple de "7 dias, 7 noches" réalisé pas Joel Cano, qui a tourné ce film dans la clandestinité à Cuba, avec des acteurs amateurs, pour montrer ce qui se passe encore de nos jours là-bas, un très très bon témoignage.

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Message  gallo le Sam 22 Nov 2008 - 12:04

Reponse
De : melodie74 Envoyé : 24/02/2005 12:57
Wow Vénusia! Tu as su mettre en mots avec diplomatie ce que je n'ai pas pu faire! Je n'ai pas encore terminé, mais ça ne serait tardé. Moi aussi je vois ce livre comme une vengeance ultime, un dernier doigt d'honneur, et Reinaldo lui-même le dit :

"I dictated it into a tape recorder and an amanuensis transcribed it. It's going to make a lot of people mad"

Writing those books kept me alive," he whispered. "Especially the autobiography. I didn't want to die until I had put the final touches. It's my revenge." He explained"

C'est tiré d'une entrevue sur le web. J'ai gardé le lien, je le mettrai avec ma critique.


Réponse
De : Venusia Envoyé : 24/02/2005 22:51
"Moi ça me dérange que l'on mette sa crédibilité en doute"

Cryssilda, je vais essayer de te répondre, mais en faisant attention parce que j'ai l'habitude de durcir mes positions lorsque je défend mes opinions (ce n'est pas voulu, ça arrive comme ça, je dit toujours des choses qui sont moins nuancées que mon opinion personnelle). En tout cas!

C'est un peu malhonnête de la part de Reinaldo Arenas d'accuser Castro d'avoir fait entrave à sa carrière littéraire. En vérité, s'il n'y avait pas eu la révolution, est-ce que Reinaldo Arenas, ce paysan rural illettré, bâtard vivant dans la misère, aurait vraiment eu l'opportunité de faire des études professionnelles, de travailler dans une bibliothèque littéraire, d'être exposé aux grandes oeuvres, d'avoir un parcours bourgeois, en somme? C'est la révolution, qui a fourni des opportunités jusqu'alors inaccessibles au prolétariat, qui lui a permis de devenir un des phares de la littérature cubaine. Son message, je l'aurais mieux accepté s'il avait dit "La révolution a fait certaines bonnes choses, m'a profité au plan professionnel, mais il y a eu des excès, des abus, beaucoup d'erreurs, etc.etc." Mais non, il associe Castro au mal incarné, et moi ce genre de pensée binaire, je suis incapable de l'accepter sans question et je trouve qu'une personne qui n'est pas capable de nuancer ses opinions perd en crédibilité.


Réponse
De : Mousseliine Envoyé : 24/02/2005 23:04
Vénusia.... je me demande si tu penses vraiment tout ce que tu dis, ou c'est juste pour continuer la polémique???
Non mais quand même, à ce compte faudrait rendre hommage à Hitler grâce à qui de nombreux écrivains ont vu le jour, Szpilman par exemple et combien d'autres. Faudrait aussi lui rendre hommage pour les juifs qui sont venus en Amérique et qui y ont trouvé la fortune, les chanceux. Faudrait en vouloir à tous ces auteurs qui n'ont fait que parler en mal de Hitler au lieu de montrer aussi toutes ces bonnes qualités!!!


Réponse
De : Venusia Envoyé : 24/02/2005 23:30
Oui, je pense tout ce que je dis, je n'essaie pas de provoquer pour le plaisir, si c'est ce que tu penses, Mousseline. Je ne crois pas que mes opinions soient si extravagantes qu'elles méritent d'être discréditées. En fait, ma pensée réelle est que la révolution à Cuba a quand même fait des bonnes choses, malgré les excès.

Selon moi, Castro n'est pas comparable à Hitler, pas du tout. D'ailleurs, je ne comprend pas cet acharnement à son sujet. Enfin oui je le comprend, Cuba est à 150 km des Etats-Unis, qui ont toujours été menacés par lui, et qui soutiennent les groupes anti-Castriste, qui maintiennent la pression. Est-ce qu'on fait un tel cas des dictateurs en Corée du Nord, au Maroc, en Chine, et au train où les choses vont, bientôt en Russie, en fait, dans le 2/3 des pays du monde? Le niveau de vie des Cubains, les droits de la femme, des minorités raciales, sont biens plus élevés que dans la plupart des dictatures. Je ne crois pas que les conditions dans les prisons soient plus horrifiques qu'ailleurs. Je crois que les intentions de Castro à l'origine étaient bonnes, c'est sur que dans la réalité, la prise de pouvoir corrompt (le pouvoir absolu corrompt absolument - qui a dit ça?) mais Cuba a une culture vivante. Ce n'est pas mauvais à 100% et ce n'est pas farfelu de le penser.


Réponse
De : Mousseliine Envoyé : 25/02/2005 00:41
En effet Venusia, ma phrase n'est pas très respectueuse envers ton opinion, je m'en rends compte maintenant, c'est juste que j'étais fort étonnée... excuse-moi.

Mais en te lisant je vois des Je crois, je ne crois pas, je crois et je ne crois pas....
A mon avis pour pouvoir juger si une personne est crédible ou pas, faut pas juste dire je crois faut que tu sois absolument certaine.

Pour ma part, je connais beaucoup de personnes qui ont vécu sous des régime soumis à la dictature, mais je ne connais personne parmi tous ces gens, non absolument personne qui va rendre grâce au dictateur en question pour ce qu'ils sont devenus, ou qui vont même lui trouver des bons côtés. Et pourtant je n'ai jamais mais jamais douté que ces personnes étaient non crédibles quand elles me racontaient leur vie.

Là toi, tu demandes à un homme qui a tant souffert sous un régime soumis à une dictature de trouver des qualités au dictateur, de voir le bon côté des choses, sous prétexte que toi Castro tu ne le trouves pas si pire.... Sauf que ce n'est pas toi Venusia ,qui ne le trouves pas si pire, qui a vécu à Cuba et encore moins vécu la vie à Reinaldo Arenas.......


Réponse
De : Cryssilda_ Envoyé : 25/02/2005 10:56

C'est pas en comparant l'état politique lamentable de certains pays que l'on peut justifier ce qui se passe à Cuba. Les mois derniers je me suis plongée dans la Culture Cubaine, en lisant des livres, en assistant à des conférences, je suis allée voir des films et j'ai rencontré beaucoup de cubains : des écrivains exilés ou pas, et des gens, non écrivains, éxilés ou pas. Ce qu'il m'en ressort, c'est que ceux qui sont partis, ne l'ont pas fait pour voir du pays, et en souffrent, car leur pays, leur culture leur manquent. Ceux qui y restent (écrivains) doivent se faire publier ailleurs et faire attention à leurs idées, à ne pas les crier trop fort (d'ailleurs, il y a encore des écrivains et journalistes enfermés juste parce qu'ils ont mal choisi leur profession), et puis y'a ceux qui vivent là-bas et qui travaillent pour l'état, des gens que j'ai rencontré aussi et qui sont incapables d'ouvrir les yeux, parce qu'on leur a lessivé le cerveau... et enfin il y a tout ceux qu'on écrase, emprisonnés sur leur île, qui n'ont même pas le droit de posséder un fax, qui n'ont aucun lien avec le monde extérieur (essayez donc d'envoyer un courrier à Cuba, il n'arrivera jamais...). ET tout celà n'a absolument rien à voir avec les US.

Oui Cuba a une culture vivante, et tu sais pourquoi ? Parce que c'est tout ce qu'il leur reste ! Avec leur musique, leur danse, leur culture, leur amour de leur île, ils se défendent, trouve un baume qui leur donne le courage de continuer, justement pour préserver tout ça, c'est un combat de tout les jours !

Je ne vois pas bien en quoi Castro a aidé Reinaldo à devenir écrivain, tous ses manuscrits étaient détruits quand ils tombaient aux mains de l'état. Ses livres, s'ils existent pour la plupart, c'est qu'il les a ré-écrits trois ou quatre fois...

Bien sûr Castro a donné de l'éducation à des sujets, mais ils ne peuvent pas s'épanouir, car ils n'ont aucun accès à la culture ! Les livres dispo à Cuba sont ceux qui ne dérangent pas le régime !

Bref... je retourne à mes dossiers...

Cryssilda

Réponse
De : Venusia Envoyé : 25/02/2005 14:20
Sans rancune, Mousseline. Et quand je dis, je crois, je ne crois pas, j'ai des arguments sur lesquels je m'appuie, mais pour ne pas détourner la conversation dans une autre direction, je les omets.

Mon intention n'était pas de lancer un débat politique. C'est sûr que la démocratie, c'est plus respectueux des citoyens qu'une dictature. Mais l'implantation d'une démocratie, c'est très difficile, il faut que les infrastructures soient très solides. À Cuba, il n'y a pas de liberté d'expression sur certains sujets - cela touche une certaine partie de la population - mais quand même, selon le rapport 2004 de l'ONU sur le développement humain, Cuba se place au 52e rang sur 177 pays. Moi, ce chiffre me parle. Que Castro aime les Cubains, je ne le doute pas. Je suis persuadée que Cuba sera capable de s'assumer lorsque la dictature tombera, et qu'elle aura les outils nécessaires pour faire la transition vers la démocratie sans laisser de nombreux citoyens à la dérive sans filet de secours, comme ça a été le cas en Russie, et maintenant les Russes ont voté en majorité pour un gouvernement au gant de fer avec police secrète et médias contrôlées et tout ce que ça implique.

Enfin, je ne veux pas éterniser la discussion et tomber sur les nerfs de tout le monde alors je laisse la parole à d'autres.
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Message  gallo le Sam 22 Nov 2008 - 12:07

De : melodie74 Envoyé : 2005-03-17 17:38

Reinaldo Arenas (1992) Avant la nuit. Autobiographie. 440 pages.

Je pense que je n'ai pas besoin de mettre cet ouvrage en contexte...On a en déjà beaucoup parlé J'ai attendu quelques jours avant de faire ma critique, car souvent, après avoir digéré un livre, j'ai des opinions un peu plus mesurées, et aussi parce que je voulais faire quelques recherches sur Arenas.

Avant la nuit est donc l'autobiographie de Arenas, un écrivain cubain souffrant du SIDA, qui s'est suicidé en 1990. C'est évident que je ne peux pas juger ou critiquer "la vie" de l'auteur. Il a vécu 10 vies dans une si l'on se fie à son livre et à l'information que l'on retrouve sur le Net et dans les livres. Né très pauvre, il a réussi à s'élever dans la société cubaine en tant qu'écrivain, mais est vite retombé à cause de son homosexualité et de son train de vie extrêmement rebelle...Son histoire est souvent drôle, souvent pathétique, souvent triste. On ne peut lui reprocher d'avoir essayé de survivre en s'amusant et en prenant du bon temps! Il est gai et s'assume! J'ai adoré le côté historique de ce livre! J'en connais si peu à propos de Cuba qu'il était super intéressant d'en connaître le côté "plus noir"!

Ce que je continue de penser, par contre, est que son autobiographie est très mal "écrite" ou "exprimée". Mais encore là, je suis prête à admettre bien des choses : Reinaldo était mourrant quand il a terminé Avant la nuit et ne pouvait même plus écrire. Il dictait son histoire dans un magnétophone qu'un ami (Lazaro) transcrivait. Imaginez-vous 1) en train d'écrire un texte relatant une anecdote qui vous est arrivée et 2) imaginez-vous en train de raconter cette même anecdote à des amis. C'est sûr et certain que le résultat ne sera pas le même. Je pense que c'est évident à la lecture que le rythme de l'histoire est souvent "oral" dans ce livre. Pour certains, ça ne fera pas de différence. Pour moi, j'ai trouvé que ça coupait le rythme et les retours ou cassures pour me parler de la grosseur de la queue d'une conquête pour tout de suite après retomber dans la description de la ville, m'ont horripilée. Je tiens à dire que ça n'a rien à voir avec le sexe; s'il avait coupé ses descriptions pour me parler du chat de la voisine à chaque chapitre, j'aurais trouvé le style pesant aussi.

Aussi, (et là je m'avance, j'ai peut-être TRÈS tort), mais comme je l'ai dit, Reinaldo était mourrant, prenait des médicaments et de la marijuana pour alléger ses souffrances, et il est certain qu'il n'avait pas l'esprit toujours très clair pour organiser un texte. Moi, je le vois comme ça. Vous n'arriverez jamais à me faire penser que ce livre est un exemple de grande littérature! Ça n'enlève RIEN à son histoire, sa vie, son oeuvre, mais ce livre en particulier, côté stylistique, est, à mon avis, très mauvais. Je sais que je suis assez seule dans mon opinion, alors pas besoin d'essayer de me convaincre

Je pense aussi que Arenas a voulu consciemment choquer, se venger avec ce livre. (En fait, il le dit lui-même dans le lien ci-bas). Eh bien, parfois, "à trop vouloir presser le citron, on se ramasse avec les graines"...Comme Venusia, j'ai trouvé qu'il en mettait tellement parfois, qu'il devenait absolument non-crédible...Selon son livre, TOUT le monde est gai à Cuba, tout le monde veut baiser avec lui, tout le monde vit une double vie sexuelle, toutes les femmes veulent baiser avec des gais, etc. Je ne suis pas Cubaine ni gaie, alors peut-être ai-je tort, mais quand même...Aussi, (et là je m'aventure encore), j'ai trouvé que parfois, il dénonçait des gens, des auteurs, racontaient des bouts de vie très intimes de personnes autres que lui et excusez-moi, mais c'est très facile faire ça quand on sait qu'on va mourir dans quelques semaines/mois...c'est plus difficile de le faire quand on sait qu'on aura à répondre de nos affirmations...Enfin, c'est mon opinion. Dans le chapitre qui parle de Virgilio Pinera, il passe 3 paragraphes à nous parler des aventures sexuelles de Pinera avec les Noirs : "Un autre Noir avec lequel Virgilio avait eu des relations sexuelles assez suivies était un cuisinier qui, disait-il, avait un sexe énorme. Le plaisir de Virgilio était d'être pénétré par ce qui cuisinier qui manipulait marmites et louches, et continuait à faire la cuisine tout en ayant Virgilio embroché à son sexe". Vous trouvez ça pertinent de raconter les histoires intimes de quelqu'un d'autre?

Voici un lien très intéressant sur Arenas. C'est un ami écrivain d'Arenas qui l'a interviewé quelques jours avant sa mort. http://www.actupny.org/diva/CBmanrique.html

Finalement, je suis allée faire un tour à la bibliothèque de l'Université pour fouiller dans les anthologies de littérature cubaine, etc. On parlait de Arenas parfois, pas toujours. Même dans des documents sur la littérature homosexuelle à Cuba ou bien sur le sexe dans littérature cubaine, il n'y était pas de tant que ça...Peut-être est-ce simplement des guerres intestines qui font qu'il n'y est pas; je ne sais pas. À la fin de son autobiographie, Arenas le dit lui-même, qu'une fois exilé, une fois aux É-U, il était pas mal moins intéressant pour les gens/éditeurs : on ne voulait plus publier ses livres, car il n'était plus un écrivain opprimé/prisonnier, etc. Alors là, voilà la grande question : est-il un écrivain SI reconnu que ça? Ou bien a-t-il eu tous ces honneurs, cette attention car il était prisonnier, etc? Je ne sais pas et je n'ai même pas d'opinion en fait et je m'aventure beaucoup trop ici de toute manière.

Pour terminier, je n'ai pas encore réussi à voir mon couple d'amis "latinos-gais"! Conflits d'horaire! Mais ils savent que j'ai des questions pour eux concernant Arenas! Je vous promets de venir poster leurs commentaires quand je les verrai...

Enfin, j'espère bien ne pas partir d'autres polémiques ici...J'ai même hésité avant de mettre ma critique, car ça ne me tente vraiment pas d'être au centre de l'action comme ça dans un forum qui est si agréable! J'assume très bien mon opinion minoritaire et j'accepte très bien les vôtres aussi! Et j'incite même les gens à le lire pour se faire leur propre idée ou bien encore, louez le film! C'est un EXCELLENT film...En fait, je trouve que le réalisateur a su tirer exactement ce qui était pertinent de la biographie, sans s'empêtrer dans des répétitions lourdes!

Ma note : un 3/5
Sans rancunes j'espère!
Mélo


De : Sahkti1 Envoyé : 2007-02-06 09:07

Reinaldo ARENAS, Avant la nuit

Reinaldo Arenas est connu, très connu. Sa sexualité trépidante, son rejet du communisme ou de Castro, ses dissidences. Arenas possède un style auquel on s’est habitué, des propos qu’on attend avec plaisir. Est-ce en cela qu’à plusieurs égards son autobiographie peut heurter ?
Ce "Antes que anochezca", c’est avant tout le récit du quotidien et il me semble évident que le récit d’un homme malade, se sachant condamné, ayant vécu tous les excès et connu toutes les privations ne peut être qu’un quotidien violent, qu’il nous livre morceau par morceau, comme il le vit et surtout comme il le ressent. La douleur, la misère humaine, la détresse face à une mort qu’il sait programmée, tout cela l’a sans doute poussé à livrer des souvenirs intenses et violents, des tranches de vie qui lui prouvaient qu’il avait bien vécu. Etait-ce un regret, un testament, un exutoire ? Sans doute un peu tout cela à la fois, mais il fallait que ce testament soit à l’image de l’auteur : excessif. Si on peut s’emballer par l’histoire d’un adolescent qui quitte tout repère familial pour rejoindre la guérilla castriste et suivre la vie de l’auteur chapitre après chapitre dans un ordre parfois décousu (enfin il me semble), on peut ressentir un malaise face à cette sexualité qualifiée de débridée qu’on retrouve de plus en plus présente. Que ce soit de la découverte précoce de l’homosexualité, découverte à laquelle on assiste d’un œil extérieur, à ces excès sexuels dans lesquels nous sommes partie prenante tant l’auteur leur accorde de l’importance. Sa sexualité était pour lui, comme j’ai pu comprendre, le moyen de s’affirmer, de se libérer, de franchir les limites de l’interdit, une sorte de bravade contre le pouvoir en place qui s’est symbolisée par une sexualité à outrance, contraire à la bonne morale en place.
Un peu de mal à dépasser ce malaise ressenti face à toutes ces histoires à caractère sexuel, une lecture par morceaux a permis de diluer l’effet de trop plein et d’apprécier à leur juste valeur les portraits tracés par Arenas : Padilla (que de force et d’amour envers cet écrivain déchu de la part de Reinaldo Arenas !), Fuentes, Lezama et tant d’autres.
Ce livre comporte des moments difficiles, des passages durs, mais également des instants de tendresse, comme cette histoire de lettres amoureuses qu’Arenas écrivait pour des détenus lorsqu’il était en prison. Ces lignes consacrées à l’enfermement, à l’univers carcéral sont tellement fortes et emplies d’émotion qu’on croit pleurer en même temps qu’Arenas, c’est violent et dérangeant.

Ce qui m’a surtout frappée dans ce récit, c’est l’omniprésence de la mort, son odeur qui rôde à chaque instant. Peut-être est-ce parce que je la côtoie de trop près depuis trop longtemps que j’y ai été plus sensible, mais je me suis sentie emportée, dominée, complètement vouée à l’impuissance. Une mort que Arenas aborde avec lucidité, un brin de cruauté, souvent de manière poétique. La mort est là depuis le premier jour, dans les amis, les proches, la famille, les inconnus, les innocents… partout où elle peut se glisser, Arenas la rencontre.

Puis jamais Arenas ne perd de sa verve, de sa causticité, acidité sans doute rendue plus intense à cause de l’issue fatale qui se rapproche. Est-ce un règlement de compte ? Peut-être, mais pas avec les autres, plutôt avec lui-même, histoire d’aplanir les doutes et de structurer ses pensées, de ranger toutes les petites cases de la mémoire avec le grand départ.
Cela donne des passages étonnants, tel celui-ci : "L’un des cas d’injustice intellectuelle les plus flagrants de notre époque fut celui de Jorge Luis Borges, auquel on a refusé le Prix Nobel, simplement en raison de son attitude politique. Borges est l’un des écrivains latino-américains les plus importants du siècle ; le plus important peut-être ; néanmoins le Prix Nobel fut attribué à Garcia Marquez, pasticheur de Faulkner, ami personnel de Castro et opportuniste-né. Son œuvre, en dépit de certains mérites, est imprégnée d’un populisme de pacotille qui n’est pas à la hauteur des grands écrivains qui sont morts dans l’oubli et qui ont été mis à l’écart."

Au final, j’ai eu l’impression de lire le portrait d’un homme profondément malheureux, nourri de regrets, non pas par rapport à ce qu’il avait vécu mais plutôt par rapport à ce qu’il aurait voulu vivre.

Ma note: 3,5/5


De : Diantre65 Envoyé : 01/04/2007 04:29

Moi aussi j'ai bien aimé Avant la nuit de ARENAS,

à vrai dire je l'ai découvert avec cette bio, et ça m'a donné le goût de lire autre chose qu'il a écrit, un roman ou encore des nouvelles.
Il est rare de trouver des gens qui disent haut et fort ce qu'ils pensent des autres, surtout quand ceux-ci sont des personnalités connues et respectées. Arenas ne mâche pas ses mots, il est direct, crû. En bref, il est vrai, sincère.
Mais ce qui m'a chicoté durant la lecture, je me suis demandé : est-il aussi sincère devant tous ses récits qui racontent ses aventures sexuelles, qui selon mon oeil à moi, m'ont paru exagérées, inventées , gonflées.....Oui je veux bien croire qu'il baisait souvent, mais quand-même, à le croire, il y avait des homos à chaque coin de rue dans son patelin !! Moi, je me suis dit qu'il en a rajouté beaucoup à ce propos.
C'est le seul point négatif que j'ai trouvé à cette oeuvre. Je le conseille à tous. Une grande leçon de courage, de persévérance et d'authenticité.

Bravo Reinaldo !

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Message  gallo le Sam 22 Nov 2008 - 12:12

De : Cryssilda_ Envoyé : 20/02/2005 21:42

La colline de l'Ange de Reinaldo Arenas
Editions Babel, 177 pages

Le roman est une parodie du roman Cecilia Valdés de Cirilo Villaverde, un des romans fondateurs de la littérature cubaine, si il y a UN classique cubain, c'est celui-ci.

Donc, je n'osais pas trop attaquer ce livre, pensant que j'allais être totalement à côté de la plaque, et puis j'ai lu un commentaire quelque part qui disait que l'on pouvait absolument suivre sans avoir lu l'oeuvre originale.

Hé bien quel bon moment j'ai passé avec ce livre !!!! Reinaldo Arenas utilise ce qu'il maîtrise le mieux : La dérision. Du coup il déforme et enfle tout, et en rajoute une couche sur la dénonciation que faisait déjà Villaverde de l'esclavage.

Il prend toutes les situations clefs du livre originel (il me semble, parce qu'en même temps, je l'ai pas lu) et s'amuse avec les personnages, les met dans des situations complètement tordues, dans l'extrème de tout ce qui pouvait se passer.

Et puis il utilise un procédé que j'adore dans les romans, celui de donner la possibilité aux personnages de prendre conscience de leur statut de personnage manipulé. Il s'en vont donc demander des comptes à l'auteur ! Ils vont même jusqu'à traiter de crétin Villaverde et Arenas !!!

Bon ben du coup, j'ai bien envie de partir à la recherche du vrai Cecilia Valdés, totalement introuvable en France....

Note : 5/5

Cryssilda


De : Cryssilda_ Envoyé : 02/03/2005 23:21

Celestino avant l'aube de Reinaldo Arenas
Edition Mille et une nuit, 267 pages

Le roman raconte l'enfance d'un enfant et de son cousin Celestino qui passe son temps à écrire de la poésie sur les arbres que son grand-père s'empresse de couper. Tout celà se passe dans la campagne cubaine, dans une famille de gens peu recommandables. Du coup, ces deux enfants vivent un enfer...

Ce roman est très déroutant, car Reinaldo Arenas ne se contente pas de raconter l'enfance de ses personnages, mais mélange la réalité et le rêve dans lequel les enfants semble s'épanouir, réinventent leur vie comme ils la voudraient avec tous les excès de l'imagination de l'enfance.

Pour moi, ce roman est une réflexion sur le rôle de la poésie, de la littérature, qui sert d'évasion, de liberté de rêver dans une société dans laquelle il est difficile de vivre. Reinaldo démontre la force des mots qui permets de penser, de rêver, d'espérer, de développer l'esprit critique, de raisonner et d'avancer.

La poésie et la littérature sous une dictature font peur, car elles éveillent les esprits, permet aux gens de s'élever un peu au-dessus de tout ce qu'on essaie de leur faire rentrer dans la tête à "coup de hache".

Ce roman est maginifiquement écrit, il est plein de lyrisme et de rêve, on est parfois à la limite du conte de fées grâce à l'imagination débordante des enfants, qui s'inspirent de ce qui les entoure, c'est à dire les arbres, les animaux, les insectes et la magie du brouillard et des mots.

Un petit chef d'oeuvre ce livre, 5/5 !

Cryssilda


De : Cryssilda_ Envoyé : 04/02/2007 01:22

Voyage à la Havane de Reinaldo Arenas
Babel, 179 pages

Ce livre rassemble trois nouvelles : Tant pis pour Eva, Mona et Voyage à la Havane.

Tant pis pour Eva raconte la vie d'un couple à Cuba qui ne supporte pas leur état d'individus que personne ne remarque dans la masse. Du coup, Eva décide de tricoter et de porter (ainsi que son compagnon) des vêtements de plus en plus farfelus (d'autant plus qu'il faut le vouloir pour porter des vêtements en laine à Cuba...) pour sortir de la singularité et se révolter contre la vie toute réglée et toute surveillée de Cubains... Une bonne nouvelle, on retrouve tout le cynisme de Reinaldo Arenas qui promène ses personnages dans des situations de plus en plus incongrues afin de faire ressortir les rouages de la dictature cubaine et le mal être des habitants de Cuba.

Mona : J'ai adoré cette nouvelle. Elle raconte l'histoire d'un cubain exilé à New York et qui rencontre une femme qui va totalement le captiver, et qui fascine d'ailleurs tous les hommes qu'elle rencontre. Mais... parfois, alors que Ramon observe son amoureuse en train de dormir, il la surprend pendant quelques secondes, sans tête, ou bien avec un bras qui lui manque... bref, un jour il décide de la suivre pour en apprendre plus sur elle, et il va faire une surprenante découverte.
Cette nouvelle est vraiment très bonne. Toute d'abord, Reinaldo Arenas apparait en tant que protagoniste (j'adore quand les auteur font de l'auto-dérision), ensuite c'est un "manuscrit" retrouvé et commenté par plusieurs personnes, du coup, elles se disputent en note de fin de page . J'ai beaucoup aimé l'atmosphère métaphysique de cette nouvelle, bref : à lire absolument!

Voyage à la Havane : Ismael vit à New York, une vie paisible et bien rangée, mais voilà qu'il reçoit une lettre de sa femme, qu'il a laissée avec un jeune fils à Cuba, voilà un quinzaine d'années. Il décide donc de faire un retour et ultime séjour à Cuba.
Cette nouvelle dénote de ton avec les précédentes. Elle semble bien plus autobiographique dans les thèmes abordés, bien plus grave, bien plus tragique, bien plus sérieuse. C'est un imaginaire retour à la Havane pour l'auteur, où il imagine là vie là-bas, si longtemps après son départ. Cette nouvelle parle d'homosexualité et de persécution, elle parle aussi de l'identité et du déracinement. Il y a de très beaux passages, de très belles descriptions de la neige, de la Havane, de la mer, de "sensations" cubaines. C'est très beau à lire. Par contre, pour une fois, je n'ai pas compris où Reinaldo Arenas voulait vraiment en venir à la fin de la nouvelle, je l'ai suivi, mais pas compris.

Bon, hé bien je suis pas prête d'abandonner les livres de Reinaldo Arenas moi!

Note : 4.8/5

Cryssilda


De : Cryssilda_ Envoyé : 27/03/2007 22:26

Le monde hallucinant - Reinaldo Arenas
Editions des Mille et une nuits, 292 pages

Ce roman raconte la vie romancée de Fray Servando, jeune religieux mexicain illuminé et incompris qui sera par conséquent persécuté, condamné à mort, emprisonné... tout au long du livre.

Voici du très bon Reinaldo Arenas encore une fois. Le livre peut sembler rébarbatif si on ne lit que la quatrième page de couverture, mais pas du tout, c'est du délire, de la poésie, de la folie, de l'humour, de l'imagination, de l'écriture. Ce livre rassemble quelques uns des passages les plus délirants que j'ai pu lire de Reinaldo, en particulier l'épisode où l'on en finit pas d'enchaîner Reinaldo sur quatre pages : excellent! Et puis j'adore dès qu'il se met à parler de la mer ou des éléments, des personnages en train de se noyer et et qui a "essayé de se cramponner aux vagues, car il n'y avait rien d'autre à quoi se cramponner" où encore un personnage à Londres qui mange du brouillard, car il n'y a que ça à manger là-bas , c'est pour ce genre de passages (au moins) que je lirai tous les livres de Reinaldo.

Note : 4,5/5

Cryssilda

J'ai assisté récemment à une rencontre autour de Reinaldo où participaient des gens qui l'avaient bien connu, dont sa traductrice Liliane Hasson. Elle disait justement que Reinaldo, même dans sa vie de tous les jours, aimait parler par hyperboles, en rajoutait toujours toujours, il était comme ça, et ça se voit dans ses livres ...


De : Cryssilda_ Envoyé : 14/04/2007 22:25

La Plantation de Reinaldo Arenas
Editions des Mille et une nuits, 122 pages

Je découvre dans ce livre un nouveau style de Reinaldo Arenas, ce livre, sous forme d'un court roman est un fait un long poème (c'est lui qui le dit à la fin de son texte), du coup ça se lit bizarrement (pour moi). C'est tout plein de lyrisme et de musicalité, et parfois on se laisse juste porter par les mots et les sons et en en oublie un peu le sens du texte.
Ce livre raconte l'exploitation d'une plantation cubaine autour de ceux qui y travaillent : d'abord les Indiens à l'arrivée des Espagnols, puis les esclavages africains et enfin la jeunesse cubaine.

4/5

Cryssilda
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Message  Lacazavent le Mer 18 Nov 2009 - 13:39

Avant la nuit de Reinaldo Arenas
Babel / 440 pages



Reinaldo ARENAS (Cuba) Avant-la-nuit-reinaldo-arenas




Voici un livre que j'ai lu d'une traite absorbé par le trop plein événements décrit. Plus ou moins romancé, cette autobiographie foisonnante touche à tous les extrêmes : sexe, dissidences politiques, l'écriture, l'exil, se mélangent créant un ensemble complet avec des passages durs, des passages crus et de bref instants d'émotions tendre. Je pense notamment aux lettres qu'il écrivait en prison pour ses codétenus. Malgré des passages certainement exagéré, c'est un très bon livre que je conseillerais à tous ceux qui s' intéressent aux quotidien des hommes de conviction vivant dans des pays aux régimes politiques répressifs. On pourrait sur ce livre en dire des tartines, écrire des pages et des pages qui cependant n'apporterons je pense pas grand chose. C'est un livre qu'il ne faut pas hésiter à lire, on l'aime ou on ne l'aime pas mais on ne l'oublie pas.

Avant de lire
« Avant la nuit », je n'avais jamais entendu parler de Reinaldo Arenas. Convaincue, je reviendrais avec grand plaisir lire d'autre livre de lui.

3,75/5
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Message  Mousseline le Mer 18 Nov 2009 - 14:02

Le film est aussi remarquable!

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Message  Lacazavent le Mer 18 Nov 2009 - 14:25

Un film ??? Je ne savais pas qu'il avait été adapté au cinéma,
Merci Mousseline pour cette information. Je vais essayé de le trouver.
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