Simone de BEAUVOIR: Le sang des autres

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Message  Prospéryne le Sam 29 Nov 2008 - 20:31

De : gallomaniac (Message d'origine) Envoyé : 2007-02-15 10:01
Le sang des autres, Simone de Beauvoir. Ma note 4/5
Gallimard 1945, 1967, 226 pg.

Des jeunes à Paris avant et pendant la guerre 39-45. Jean, fils d'industriel, a choisi la révolte, la cause de l'ouvrier et le travail à l'usine. Madeleine est sa maîtresse. Hélène, dessinatrice, vit un amour platonique avec Paul, quand elle porte son amour sur Jean, amour sans retour; elle reste par dépendance infantine attachée à Paul, qui découvre cette supercherie inconsciente. Cela la pousse a aborder Jean, qui ne veut pas d'elle. Par besoin de vengeance, elle va se laisser déflorer, et la suite sera un abortus clandestin. Ceci a l'effet d'un chantage amoureux et Jean, qui se sent vite coupable et responsable outre mésure, la "choisit" par pitié, avec une tendresse sans amour, sans rompre avec Madeleine. "Je croyais simplement embrasser Hélène; et je trahissais Paul, je blessais Madeleine." Madeleine, qui s'en va participer à la guerre contre le fascisme en Espagne, tandis que la guerre 39-45 se prépare en France. Les jeunes discutent: la France crot acheter la paix en donant la Tchechoslovakquie à Hitler. "- C'est facile de payer avec le sang des autres". Quoi choisir? Cette question devient lancinante quand la guerre arrive (situation d'extrèmes: l'extrème contient le maximum d'information). Mobilisation, prison, résistance, réprésailles, déportation, collaboration, razzia de juifs, tout cela immiscé dans la relation d'Hélène et Jacques donne des poignantes situations à choisir. On ne peut pas toujours payer avec le sang des autres: parfois il faut payer avec son propre sang. "Je n'ai pas créé le monde. Mais je le recrée à chaque instant par ma présence. Et tout se passe pour moi comme si tout ce qui lui arrive lui arrivait par moi." Cela sonne héroïquement grand, cet engagement absolu de Jacques. Mais un poète hollandais disait "le monde entier est trop grand pour chérir sur mon coeur". Et le petit moment du choix personnel venu, Hélène, naïve peut-être, sait mieux choisir.
Il m'a fallu plusieurs chapitres pour remarquer qu'il y a alternance: Les chapitres pair relatent la vie d'Hélène. Dans les chapitres impair, Jean au chevet d'Hélène moribonde, fait des longs retours au passé. Jean est tantôt "je", tantôt "il", ce qui rend la lecture difficile. Que les chapitres centrés sur Hélène soient simples et ceux centrés sur Jean complexes, pourrait reflèter la simplicité préreflective d'elle en contraste avec la complexité morale raisonnante de lui.
De Beauvoir est un auteur de qualité. Le livre est bien accueilli tout de suite après la guerre, mais a perdu de son impact depuis. Dans ce récit, décrit de façon réaliste, la part de philosophie moralisante est disproportionnellement lourde et depuis le temps, cela a changé les personnages un peu en caricatures. Ma note 4/5.
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