Karine TUIL (France)

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Message  Prospéryne le Mer 17 Déc 2008 - 12:13

De : Cryssilda_ (Message d'origine) Envoyé : 2003-12-09 17:37

Pour le pire de Karine Tuil

L'histoire : Un couple va mal, le mari ne supporte plus sa femme et décide de l'éliminer (à sa façon), elle meure et va commencer pour lui sa perte.

Le roman aborde un thème qui fait curieusement penser à celui abordé dans "Petits crimes conjugaux" de Eric-Emmanuel Schmit : le quotidien du couple au bout de quelques années de vie commune, le grand-amour-qui-dure-toujours qui ne dure pas....

Au départ, je n'ai pas bien suivi où voulait en venir Karine Tuil, je me disais "mais comment une femme peut-elle écrire de telles choses sur les femmes", et puis finalement, je me dis que son livre est manifestement un livre anti-macho, car quoi de mieux pour dénoncer l'attitude de certains hommes que de se mettre dans la peau de l'un des pires de l'espèce?

Karine Tuil semble prendre sa revanche sur la gente masculine, qu'est-ce après tout un homme sans femme? Hé bien, ça devient un légume ! (c'est pas moi qui le dit, c'est dans le livre). J'ai senti ce livre comme une porte qui claque, comme une envie de dire "tiens, prends ça maintenant !".

Ma note : 3/5

Cryssilda




De : Cryssilda_ Envoyé : 2004-02-10 14:57
Interdit de Karine Tuil

L'histoire : Une vieillard, jeune fiancé, découvre à 70 ans qu'il n'est pas juif, après avoir vécu une vie totalement baignée par sa "juiveté". Il doit ensuite faire avec deux parties de lui qui ne peuvent plus se supporter : La juive et la plus juive. Une vraie crise d'identité.

Un très bon petit roman plein d'humour. Karine Tuil ose des répliques que seul un juif (ou jeune non juif) peut oser. Ce petit vieux est très attachant, et on a envie qu'il aille encore plus loin dans son délire, dans sa bataille vaine contre son soi.

Ma note : 3.5/5

Cryssilda




De : cuné Envoyé : 2005-09-26 01:54
Pour le pire Karina Tuil
Plon 155 p.

A travers le personnage de Paul Epstein, c'est toute la gente masculine qui en prend pour son grade. Lire sa lettre-tueuse, c'est assister au summum de la mauvaise foi, de l'égocentrisme à outrance et même, j'oserais dire, de la bêtise crasse et assez monstrueuse. (Il s'oppose à l'adoption pour ne pas "payer" ce qu'il peut "faire lui-même gratuitement") Le reste de ses réflexions est à l'avenant, et on peut s'étonner que cela ne lui revienne pas sur le coin de la tête plus rapidement.... En dehors de ça, qui m'a plutôt amusée, je me suis beaucoup ennuyée dans ce livre. C'est désagréable de tourner des pages en calculant combien il en reste encore, va-t-il se passer quelque chose qui va retourner le roman, qui me fera revenir sur mon impression ?.... Eh bien non. Dommage !

2/5




De : Claarabel Envoyé : 2005-09-28 04:41
Quand j'étais drôle Karina Tuil

L'histoire du dernier roman de Karine Tuil raconte la mésaventure d'un homme qui a cherché à conquérir l'Amérique, en gros. Jérémy Sandre, ou Jerry Sanders, quitte une brillante carrière d'humoriste en France pour tenter sa chance à New York. Or, il devient la victime d'un enjeu géopolitique affligeant, l'entrée en guerre en Irak par les Etats-Unis, contre l'assentiment de la France. Bref, Jérémy est aussi un homme balourd et pataud, qui commet des impairs dans ce climat francophobe. Résultat : il se retrouve presque à la rue, sans cachet, sans spectacle, sans un sou et avec une fiancée qui se fait la malle.
Il faut également ajouter à son actif que l'homme doit gérer des dettes de jeu, des mensonges à sa famille, des conflits avec son ex-femme et la crise d'adolescente de sa fille. Trop pour un seul homme ? Non, car ce n'est pas tout. L'histoire débute en découvrant que Jérémy est emprisonné, accusé d'avoir tué un homme, et son histoire, c'est un peu sa déposition auprès de son avocat.

Ce que je retiens de ce livre ? Passionnant ! Intéressant, pétri d'humour, très dynamique - ce qui contraste avec le caractère pitoyable du héros. L'écriture est enlevée, on ne s'ennuie pas et les péripéties du personnage central ne cessent d'être pathétiques, dérisoires, mais finalement réjouissantes. Hélas, on se rit des malheurs d'un homme, et pourtant celui-ci a bien couru après ses misères ! Toutefois, il parvient, à l'aide d'habiles pirouettes, à renverser la tendance et se rendre attachant, héros malgré lui et victime d'un concours de circonstances malchanceuses. "Quand j'étais drôle" devient l'un des meilleurs romans de sa jeune auteur, Karine Tuil. Du plaisir, rien que du plaisir !

4.5 - paru chez grasset, 357 pages




De : Arti77772 Envoyé : 2005-10-09 06:34
Quand j'étais drôle, Karine Tuil

Jérémy Sandre, humoriste français parti tenter sa chance aux USA, (sous le nom de Jerry Sanders), est la victime de la francophobie virulente qui imprègne le pays depuis le clash Bush-Chirac. Tout va de mal en pis : ses amours, sa fille, ses parents, ses amis, sa carrière. Dans ce cinquième roman réussi, Karine Tuil brosse le portait doux-amer d’un paumé attachant dont la déchéance et la rédemption sont ponctués de gloussements et d’une glaçante lucidité. Peut-on rire de tout ? Bonne question.

Seul bémol : il est un peu long.

3,8/5 Arti




De : cuné Envoyé : 2005-10-16 06:09
Interdit Karina Tuil
Plon 149 p.

Saül Weissmann, rescapé d'Auschwitz, se fait répondre par un rabbin alors qu'il souhaite se marier à 70 ans qu'il ne peut pas prouver sa Judeïté. Se met alors en place un dialogue interne, entre lui et lui, le juif et le non-juif. Qui peut gagner ? Comment la vie peut-elle continuer ? Quel est le sens de tout ça ?... Alors qu'il ne souhaitait qu'épouser Simone, la jeune femme de 44 ans au physique si ingrat pour lui servir d'aide-soignante à domicile pour ses vieux jours, le voilà entraîné malgré lui dans un tourbillon d'évènements, vus par son petit bout de lorgnette...

Ce roman est drôle, vraiment amusant et il offre en plus un large éventail de formes d'humour, de la plus désespérée à la mignonne, celle pleine de poncifs et la discrète élégante. Le sujet est très osé, bien traité, je ne peux expliquer mon manque d'enthousiasme que par une bête affaire de goût, ça ne m'emporte pas beaucoup.

3/5




De : lalyre7032 Envoyé : 2005-12-18 12:13
Du sexe Féminin Karine Tuil Pocket

4ème de couverture
C’est bien connu, avoir une mère juive n’a jamais été chose facile. Surtout quand on travaille, comme Emma Blum, pour des publications érotiques et, qu’à trente ans passés, non contente d’être célibataire, on entretient une liaison avec un homme marié. À croire qu’Emma était née pour faire le malheur de sa mère Nina. De toute façon, celle-ci n’a d’estime que pour son fils, torturé par des problèmes d’Œdipe à donner des cheveux blancs au plus brillant des psychanalystes. Jusqu’au jour où, suite à une alerte cardiaque, Nina lui demande de revenir au domicile familial. Peu à peu, Emma voit renaître l’emprise maternelle et tente de s’en libérer. Avant que pressions et chantages ne viennent saper sa résistance

Mon avis; rires et grincements de dents dans ce livre,mais j'ai aimé la fin car je trouve cela assez original,voila je vous la livre:
Je ne suis qu'un simple personnage engendré par l'imagination d'un auteur--ne sommes-nous pas tous condamnés à vivre sous la dépendance de la personne qui nous a éveillés au monde??Je crie de plus en plus fort mais personne ne m'entend.Je suis prise au piège des pages blanches.Emprisonnée dans un livre.
4/5
Lalyre




De : lalyre7032 Envoyé : 2007-02-18 05:43
Douce France Karine Tuil Grasset

La narratrice,une jeune femme sans histoire est arrêtée par erreur avec un groupe d'immigrés clandestins,Ayant perdu ses papiers pendant la cohue,elle décide de jouer le jeu et se fait passer pour une roumaine en recherche de travail mais elle ne se doute pas de ce qui l'attend car la voila victime de la machinerie administrative.Enfermée dans un centre de détention elle devra comme ses compagnons d'infortune,attendre la décision du juge qui sera soit libèration ou renvoi dans leur pays.Née de parents juifs,eux-même immigrés d'Afrique,se sentant parfois étrangère,bien que née en France,elle comprend ces immigrés et va ressentir des sentiments contradictoires dans cette tour de Babel des langues,parmi ces gens rassemblés en attente ,elle remarque Yuri,séducteur et manipulateur dont elle s'entiche,cet homme la décevra car tour à tour bièlorusse,moldave ou roumain,hé oui !! Pour survivre il faut mentir pour rester le plus de temps possible en France.L'auteur nous décrit le seul centre de détention qu'elle fut autorisée à visiter, l'un des plus modernes selon l'aveu des autorités,mais l'auteur nous décrit très bien les conditions de détention atroces.

Mon avis :Un très beau livre écrit avec beaucoup de sensibilité,un style vif,passionnant et bouleversant,un récit qui plaide la cause des sans-papier avec humanité.
5/5
Lalyre




De : lalyre7032 Envoyé : 2008-07-28 12:53
La domination Karine Tuil Grasset 2008 28/07/08
231 P.
J'ai repèré et copié ce que l'auteure dit de son livre
AU LECTEUR

l y a quelques années, au cours d'un déjeuner, une amie me parla de son père, un petit-bourgeois juif qui avait fait vivre sous le même toit deux femmes : l'officielle et l'officieuse, la chrétienne et la juive. Aussitôt, je lui conseillai de se taire : j'étais un écrivain, un vampire - j'allais la trahir. Cette histoire cristallisait tous les thèmes qui avaient nourri mon travail, mon imaginaire : la double vie, l'identité. Mon amie ne m'opposa pas un silence poli. Au contraire. Elle parla longuement et sans crainte, avec le regard de défi d'un enfant caressant un fauve. Fais-en ce que tu veux. J'inventerai les personnages, réécrirai les faits, passerai chacun de ses mots à travers le filtre déformant de la fiction. Son histoire, c'était désormais la mienne.

Dans La domination, des êtres se croisent. Ils ne savent pas aimer sans trahir. Désirer sans mépriser. Prendre sans détruire. Ils se séduisent par jeu, goût du risque et de la transgression. Ils souffrent et font souffrir. Ils se soumettent et se dominent à tour de rôle, tout à la fois manipulateurs et victimes d'un complot qu'ils ont ourdi eux-mêmes. Contre eux.
Un homme, médecin humanitaire, grande figure morale et intellectuelle, impose ses penchants polygames à deux femmes aimées.
Un éditeur vieillissant possède physiquement et mentalement une jeune romancière pour la contraindre à écrire un livre sur son père.
Un peuple est accusé d'en soumettre un autre.
Des êtres cherchent à dominer leurs instincts.
Mais au cœur de ces triangles amoureux où la sexualité, l'amour, l'amitié et jusqu'à la création deviennent enjeux de pouvoir et rapports de force, les dominateurs ne sont pas toujours ceux que l'on croit. "
Karine Tuil

Et voila cela ne m'arrive pas souvent de copier mais j'ai aimé ce que L'auteure dit de son roman en s'adressant aux lecteurs.j'ai terminé ma lecture en me posant des questions,en imaginant une fin selon ma sensibilité. 4,5/5

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Message  Liza_lou le Dim 19 Déc 2010 - 16:00

Six mois, six jours
(Grasset, 253 pages)

Riche héritière d'une famille d'industriels allemands, Juliana Kant tombe amoureuse d'un homme qu'elle ne connait pas et qu'elle a croisé par hasard dans une station balnéaire suisse. Leur liaison durera six mois et six jours, au bout desquels Juliana comprendra avec stupeur que son amant a filmé leurs ébats et qu'il menace de la faire chanter si elle ne paye pas une somme extraordinaire. Mais le gigolo est dénoncé par Juliana à la police qui l'appréhende, est trainé en justice sous des médias déchainés et écope d'une peine de prison. La morale est sauve et les Kant respire. Mais pas pour longtemps car des révélations sur les agissements des Kant durant la seconde guerre mondiale refont surface. Mais tout a t-il été dit pour autant?

Suis-je aimé pour la valeur sociale que je représente ou pour moi-même? Cette question taraude l'essentiel du roman, à l'instar des questionnements de Juliana envers son amant. C'est que pour la première fois, Juliana n'est plus obligée de respecter l'image qu'elle se doit de donner d'elle, des Kant tout entiers. Pour la première fois, Juliana Kant découvre l'amour, le désir, la passion dans les bras d'un homme qu'elle ne connait pas et dont elle ne sait rien. Oubliant toute prudence, c'est avec délectation qu'elle rejoint son amant dans une chambre d'hôtel, qu'elle délaisse son mari et refuse d'écouter les mises en garde de l'homme de main de la famille qui relate ici cette histoire. Le choc est alors d'autant plus grand lorsqu'elle comprend que cet homme n'est qu'un gigolo comme on dit, qui l'a extorquée du début à la fin et pire que tout, qui ne l'a jamais aimé. Alors qu'elle, si.

Avec ce fait divers torride, le passé des Kant, guère glorieux, refait surface. Et c'est notamment l'image d'une femme, une autre, qui hante le roman comme un spectre menaçant et trouble. Magda Goebbels, femme belle et redoutable, seconde épouse de Gunther Kant, qui n'hésite pas à renier son père adoptif qui a pour seul tort d'être juif. Ce qui pourrait faire "tache" dans la vie luxueuse quelle mènera auprès d'un époux obsédé par l'argent et qui la délaisse. Alors Magda le quitte, pour aller dans les bras d'un autre homme aux agissements encore plus troubles, un certain Goebbels, alors en pleine montée nazie. Le dénouement, on le connait, avec leur suicide collectif à la fin de la guerre.

Le plus étonnant dans cette histoire c'est qu'elle est vraie. En effet, Karine Tuil s'inspire fortement du fait divers qui avait défrayé la chronique en 2009 lorsqu'il s'était avéré que Suzanne Klatten, la femme la plus riche d'Allemagne et héritière notamment de BMW, avait été trompée par un gigolo qui avait tenté de lui extorquer sept millions d'euros. Karine Tuil reprend alors l'histoire à son compte et ne change en bref que les noms, les lieux et quelques détails sans importance. La famille Kant est devenue riche pendant la guerre grâce à ses relations avec le régime nazie? Les Klatten aussi. Juliana Kant, jeune fille de bonne famille, a été élevée selon des principes strictes, tout en étant préparée très jeune à succéder à son père? Suzanne Klatten aussi. Juliana Kant dépanne son amant de quelques millions d'euros lorsque celui-ci prétend être en proie à un maître chanteur albanais? Suzanne Klatten aussi. Juliana Kant préfère prévenir la police et avoir son nom dans les journaux plutôt de céder? Suzanne Klatten également.

Un récit captivant où le thème principal est l'amour, l'amour malgré tout et envers tout. L'amour d'un homme envers une femme qui le conduira dans les voies du nazisme. L'amour d'une femme qui a tout (argent, pouvoir, mari, enfants) et qui va tout mettre en jeu et perdre pour le désir d'un seul homme. Dans l'espoir inconscient et enfui d'être aimé pour ce qu'elle est et non ce qu'elle représente. La désillusion finale n'en est que plus dure.

Ma note : 4/5
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Message  dodie le Ven 11 Oct 2013 - 16:38

L'invention de nos vies- Grasset-Août 2013


 A travers ce roman nous suivons les itinéraires de trois personnages: Samir, d'origine musulmane, Samuel, et Nina. Ils se sont connus à Paris jeunes étudiants puis la vie et une sombre affaire de jalousie les a séparé. Alors que Samuel et Nina désormais en couple vivent de petits emplois peu rémunérés, que Samuel désespère de pouvoir faire un jour éditer ses romans, Samir est parti aux Etats-Unis où il est devenu un brillant avocat très médiatique et à qui tout réussit : carrière exemplaire, mariage avec une riche héritière, reconnaissance de ses pairs.
 Lorsque Samuel et Nina au hasard d'une émission américaine revoient leur ancien camarade, perdu de vue depuis, ils comprennent tout de suite que la réussite de celui-ci est basée sur un mensonge terrible sur ses origines. Ils décident de le revoir......

 Mais attention ce roman est bien plus que l'histoire d'un triangle amoureux. Il nous interpelle sur des sujets fondamentaux: jusqu'où peut-on aller afin de réaliser ses rêves? Peut-on garder intacte notre conception de la vie telle qu'on la perçoit étant jeune? Peut-on baser une vie sur un mensonge?  Et surtout peut-on alors un jour revenir en arrière et arrêter ce qui semble être une spirale infernale?

Le tour de force de Karine Tuil se situe à un peu plus de la moitié du roman: un évènement auquel on ne s'attend pas du tout fait basculer cette histoire d'amour et d'amitié dans un registre complètement différent nous plongeant dans l'actualité.

Que dire du style ? L'auteur a dans ce roman une écriture très percutante: les mots sont martelés, juxtaposés donnant l'impression de vouloir nous les enfoncer dans la tête.
Par son histoire, les thèmes abordés et son style Karine Tuil a sans doute voulu secouer ses lecteurs: pour moi ce fut une réussite !!!!!!!!

Ma note 5/5
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Message  Chantal le Ven 11 Oct 2013 - 17:14

Je n'ai jamais lu cette auteure, mais là tu me donnes vraiment envie de me lancer ! Very Happy 
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Message  Patience le Sam 12 Oct 2013 - 7:06

L'histoire en elle-même n'est pas quelque chose qui aurait pu m'attirer, mais ton enthousiasme pour ce livre me donne envie. Je le note !

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Karine TUIL (France) Empty L'invention de nos vies - Livre de poche - 2,5/5

Message  zeta le Ven 31 Oct 2014 - 13:09

C'est la tuile !

Je ne sais pas si vous avez déjà ressenti pendant une lecture ce que je vais essayer d’expliquer. Se dire que l’écriture est intéressante, que l’histoire est plutôt prenante, que les personnages éveillent des réactions, mais que malgré ces points positifs, vous balancez sans cesse entre approbation, contentement et leurs contraires. Pas seulement au fil des pages, ou des chapitres, non, presque de phrases en phrases, l’une vous plait, la suivante vous déçoit vous énerve. Et arrivé au premier tiers, vous comprenez ce qui ne vous va pas, vous démontez tout le mécanisme et là c'est certain, vous n'aimez plus du tout ce que vous lisez. Ce livre aurait presque tout ce qu'il faut ! On nous l’a vanté dans les média, mais il est trop ! beaucoup trop, trop tout (et par contre il lui manque les éléments qui me feraient l’apprécier).
J’avais déjà ressenti ça avec un roman de Claudie Gally « les déferlantes », j’oscillais sans cesse dans ma lecture entre j’aime et j’aime pas, me disant que l’auteur « chargeait la mule », comme on dit, dans le pathos. Finalement, avec la poésie et la sensibilité du style j’avais basculé définitivement du côté « j’aime », mais ce n’était pas passé loin, car parfois j’étais bien agacée.
Bien sur ce n’est absolument pas le cas de Karine Tuil qui, elle, fait dans « l’actuel » dans le chaud-bouillant de la société, tout ce qui est dans l’air du temps et dont on parle ou a parlé dans les diners mondains. Elle fait même vivre à son héros principal de brefs épisodes de la vie de  DSK l’espace de quelques lignes, reprenant ce que cet homme politique, obsédé sexuel, avait dit ou fait au moment de l’histoire dont on a été gavé pendant un temps.
Alors encore une fois, j’ai eu l’impression d’avoir dans les mains un produit marketing plus qu’un roman. Et ça m’énerve, moi qui voudrait avoir une haute idée de la littérature, de penser cela. De me dire que la rentabilité, l’esprit de lucre, touche aussi ce domaine, pour moi quasi sacré. L’originalité que j’avais cru voir au départ a disparu, je me suis demandée si Karine Tuil ne faisait que ça ? des romans qui paraissent « de commande », rassemblant un peu de ceci, un peu de cela, une touche de sexe, un (gros) soupçon de violence, avec des thèmes qui peuvent intéresser une élite de la pensée (malgré tout il n’est pas littérairement « bas de gamme ») trouvant dans ces livres des réponses stéréotypées à tout ce qui les préoccupe dans l’actualité.

Je repense à d’autres best-sellers qui m’ont emballée et qui m’ont étonnée véritablement. Un livre comme « le Monde selon Garp », par exemple, qui est devenu un succès mondial. On ne pouvait pas lui faire ces reproches. Il était senti, profond, et totalement hors d’un contexte événementiel. Malgré tout, il touchait les lecteurs, qui l’ont aimé, au plus profond de leurs sentiments (pour moi bien sûr), de leurs interrogations existentielles, il abordait en même temps des faits de société d’une façon distanciée, mais d’autant plus prégnante. Il était authentique.

Outre que l’histoire du roman de Tuil, m’a assez vite lassée (ce trio amoureux déséquilibré, ce secret autour du changement d’identité, qui me parait, à notre époque, assez invraisemblable qu’il puisse durer si longtemps), que les retournements de situation sont faciles, les lieux-communs légions, que les personnages, qu’elle-même décrit de façon à ce que l’on ne les aime pas, n’ont provoqué chez moi aucune empathie, aucune connivence par rapport à leur façon de fonctionner, je sens qu’il ne me restera pas grand-chose d’important ou de remarquable de cette lecture d’ici quelques jours ou semaines, alors qu’elle est censé abordée des sujets forts …. 
Voilà quoi, …je ne peux pas dire autre chose … Bien sûr le passage où l’on apprend la transformation d’un personnage secondaire en membre du terrorisme international islamiste est bien rendu … mais rien d’extraordinaire, on sait maintenant comment se passe le recrutement de jeunes paumés de banlieue (là encore pas d’originalité, ni de profondeur dans ce récit). On a aussi droit à des chapitres, sur la littérature ou les livres. Le pourquoi et le comment de la création d’un roman, avec une aura de romantisme éthéré et d’investissement total à la muse de la littérature autour de cette création qui ne parait pas très réaliste  (C’était dans ce monde-là et pas ailleurs qu’il voulait vivre désormais, un monde où la place d’une virgule importait plus que la place sociale). 
 
J’avais une relation qui ne lisait que des romans « best-sellers » dont tout le monde parle et qui disait d’un air inspiré à chaque fois qu’elle avait fini, quand on lui demandait ce qu’elle en pensait « il y a quelque chose !», cela résumait pour elle certainement la quintessence de ses lectures. Mais un jour son mari en plaisantant lui a dit « Tu dis ça à chaque fois, il y a quoi ? ». Je pense qu’on peut dire de « l’invention de nos vies » qu’il y a quelque chose, mais ce quelque chose ne m’a pas convenu. A  moi bien sûr ! Je peux comprendre tout-à-fait qu’on ait apprécié cette lecture loin d’être « déshonorante » si on la ressent autrement que je ne l’ai ressentie.
 
Ah oui j’allais oublier « les petites notes de bas de page » qui définissent tous les personnages d’arrière-plan, ceux qui ne font qu’une brève apparition. Au début j’ai trouvé cela inventif et amusant, après, avec la répétition immodérée du procédé, je me suis dit que ça ne servait à rien et que finalement c’était superflu et creux, comme beaucoup d’autres choses présentes dans ce roman.
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Message  dodie le Ven 31 Oct 2014 - 16:32

Et bien quelle critique !!!!!!! On perçoit bien ta déception à la lecture de ce roman.....
Bien sûr, ayant aimé ce roman je ne peux être d'accord avec toi: nos ressentis ont été très différents . Je suis admirative devant ton écriture et je n'ai pas la même aptitude pour m'exprimer.
Mais un point m'a surtout interloqué. Je ne pense pas du tout que ce roman soit un pur produit marketing. Karine Tuil est une jeune femme qui vit avec son temps et dont les romans doivent naturellement s'imprégner de ce qu'elle entend, voit, ressent.
 Les faits d'actualité dont elle parle font partie de nos vies d'autant plus depuis le développement des chaînes-info, des réseaux sociaux. Qu'on le veuille ou non il est difficile d'y échapper même hors des dîners mondains.
Le fait d'ajouter une pointe de sexe, une pointe de violence.....N'est-ce pas le cas de beaucoup de romans finalement?
Pour moi on est bien loin du roman de commande ne serait-ce que par le style d'écriture percutant et qui sort des normes habituelles. 

En conclusion il est bien vrai que ce n'est pas l'écrivain qui fait le livre mais son lecteur car la preuve en est: un même livre peut être perçu de façon diamétralement opposé selon celui qui le lit et finalement c'est cela qui est intéressant non ?
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Message  zeta le Ven 31 Oct 2014 - 19:12

Dodie, je t'assure que tu défends très bien ton point de vue, en moins de mots en plus Very Happy
Peut-être que j'exagère de dire que ce roman est pré-fabriqué, j'ai du être traumatisée par un extrait d'un livre de Jonathan Coe où un éditeur demandait à un auteur un roman "formaté" selon certains goûts de lecteurs, pour mieux le vendre. Mais je pense quand même que dans un roman on n'a pas besoin forcément de mettre de la violence ou du sexe .... et surtout que les thèmes peuvent être moins nombreux et moins refléter l'actualité brûlante, parce que déjà quand les événements se décantent on a un recul nécessaire. Et le passage reprenant en quelque sorte la mésaventure de DSK, alors que cela n'avait rien à voir avec le sujet principal, ça ne t'a pas dérangée ?
Le style est certes percutant, mais au bout d'un moment, je m'en suis un peu lassée parce qu'il paraissait aussi exagérément "dans le coup". J'ai trouvé qu'il y avait vraiment beaucoup de stéréotypes, ne serait-ce que le personnage féminin et tout ce qu'il lui arrive tellement "clichés",  la belle brune sexy, voluptueuse à la chevelure cascadante.
Mais encore une fois, tout ceci n'est que mon avis, je sais que ce roman a été plutôt encensé par la critique (à part au "masque et la plume"), et que les lecteurs l'aimaient (je n'ai trouvé à priori qu'une mauvaise critique, mais encore plus assassine que la mienne, et plus marrante). 
Mon opinion je la forge, en toute bonne foi, au fur et à mesure de ma lecture, en essayant de ne pas aller voir avant ce que les professionnels en disent (je me souvenais juste que Busnel en avait parlé en bien (il ne dit jamais du mal des romans des auteurs qu'il reçoit), c'est vraiment de l'ordre du subjectif, mais du subjectif honnête, comme tu le soulignes, l'auteure fait le livre, mais le critique peut le défaire, moi je n'ai pas cette portée, heureusement, cela pèserait sur mes épaules, mais entre nous je préfère dire franchement ce que j'en ai pensé, au risque de me fourvoyer complètement Very Happy.
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Message  dodie le Ven 31 Oct 2014 - 19:46

Zeta Ce qu'il y'a d'intéressant à débattre en toute franchise et toute bonne foi c'est que la ou les personnes en face mettent le doigt sur un aspect du livre sur lequel on n'avait pas porté attention au départ: telle la référence à l'affaire DSK pour moi.......Je l'ai lu il y a un an maintenant et ma mémoire fait parfois défaut ....
Ce n'est pas se fourvoyer que de dire ce qu'on pense, ce qu'on ressent: c'est être honnête. 
Ce n'est pas la première fois ni à mon avis la dernière que nos avis divergeront.  wink  Et tu connais mon emballement naturel pour un livre qui me plaît.......
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Message  zeta le Sam 1 Nov 2014 - 11:14

Les avis divergents ce ce qui fait la richesse du forum. Tant qu'on ne se dispute pas parce qu'on est pas du même avis Razz .... je sais que lorsqu'on a énormément aimé un livre c'est plus dur de constater que l'autre ne l'aime pas et en dit du mal, que le contraire. Cela tient à tout l'affectif que l'on met dans les lectures. Et puis on peut être légitimement un peu "chiffonnée" de croire que l'autre remet en question notre goût (cela m'est arrivé). Mais on est heureusement assez tolérantes tous et toutes pour accepter la controverse.  Very Happy
Et je suis sure qu'il y a autant de livres qu'on aime pareillement que de livres sur lesquels on n'est pas d'accord, on y fait moins attention c'est tout. cheers
zeta
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Message  Patience le Ven 6 Mai 2016 - 15:09

L'INVENTION DE NOS VIES
Grasset  493 pages


Ma note : 4,5/5


Mon avis : A la lecture des premières pages de ce livre, je me suis demandée si j'allais réussir à aller au bout. Le style des phrases à rallonge, la ponctuation pour le moins originale, les notes de bas de page à répétition pour présenter les personnages secondaires et même les "figurants" m'ont un peu refroidie dès le début.
Mais comme je n'aime pas abandonner un livre trop vite, j'ai insisté. Et je n'ai pas eu à insister longtemps, le charme a rapidement fait son effet sur moi. Je me suis habituée au rythme saccadé et j'ai fait connaissance avec les personnages, et ce triangle amoureux.
L'auteur aborde les thèmes de la fidélité, la trahison, la crise identitaire. Peut-on construire sa vie sur un mensonge sans subir de conséquences ?
Puis l'intrigue bascule dans l'actualité, et prend une tournure tragique. A ce moment, il me fut impossible de lâcher le livre.
En bref, après une période d'adaptation pas si longue que ça, j'ai adoré.

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